mercredi 15 avril 2015

L'orgamat. En savez-vous quelque chose?

Orgamat! Quid?
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Les filles finalistes du Lycée Marie Reine de Kutu
Il y a un vocabulaire  très bien connu de nos élèves finalistes (ceux qui doivent faire la dissertation, épreuve pratique et examen d'Etat) et de leurs parents: le mot est Orgmat. Il est encore plus en vogue en ces jours où s'approchent les dates fixées pour la dissertation.  Les parents âgés ont du mal à le prononcer. C'est l’abrégé de l'Organisation Matérielle. 
De quoi s'agit-il? Dans nos écoles, les préfets demandent à tous les élèves outre les frais fixés par l'Etat à payer pour ces examens ou épreuves (dissertation ou examen d'Etat), d'ajouter de l'argent pour l'organisation matérielle. Cette somme sert à préparer le séjour de l’inspecteur ou du délégué de l’enseignement qui viendra superviser ces épreuves. Il s'agit plus concrètement de son logement, du manger, transport (de l’hôtel où il est logé jusqu'au centre de l'examen- makolo ya inspecteur- ) et le reste, on le lui remet en main pour son séjour et son retour. 
Alors que l'Etat a fixé le montant de 39.000 FC ( soit plus ou moins 45 dollars) comme frais pour la dissertation et les examens oraux et pratiques, dans certaines écoles les préfets demandent aux élèves de verser jusqu'à 150.000Fc, soit plus ou moins 165 $. Si l'élève ne paye pas, il a des problèmes. Les parents sont obligés de se couper à quatre pour avoir cet argent.
Collège de Bokoro, St Augustin.
Dans nos écoles catholiques, les préfets sont rigoureux. On ne doit pas payer les frais supplémentaires. D'abord parce que c'est le montant fixé par l'Etat et ensuite parce que ces inspecteurs ou délégués ont leurs frais de mission payés par le ministère de l’Enseignement. Les élèves ne doivent pas payer leurs voyages et séjours.
Dans le passé, pour ne faire qu'un exemple, le centre de Bokoro où il y a une forte présence des préfets ecclésiastiques ( Petit séminaire, collège St Augustin de Bokoro, Institut Tobongisa, Lycée Salongo) a été transféré à Kutu. Motif: les préfets (abbés et sœurs) ne sont pas accueillants. Mais tous savent que là n'est pas le problème. Nos abbés et sœurs refusaient de faire payer aux élèves les frais de l'organisation matérielle pour les inspecteurs délégués par l'Etat et demandaient à ces derniers de se contenter de  ce que l'Etat leur a remis.
A Bokoro, il y a une forte présence des préfets abbés ou sœurs
Un des préfets d'une école non catholique dit son angoisse:" quand on organise pas le séjour de l’inspecteur, dans le rapport final qu'il fera, il y a risque que le centre soit  mal coté et la conséquence sera claire: ce sera le néant total c'est-à-dire tous les élèves vont échouer aux examens".
Il nous faut aussi reconnaitre qu'il y a des délégués ou inspecteurs de l'Etat qui refusent de toucher cette somme qu'ils voient comme une forme de corruption. D'autres encore s'en servent et le justifient comme une action de "charité" de la part des préfets et des élèves. Il y a aussi  des préfets qui en profitent pour remplir leurs poches. Ces examens au final deviennent un business pour une catégorie des personnes.
Une chose est sure: les normes qui régissent ces examens n’autorisent pas que l'on exige de l'argent aux élèves pour le séjour de l'inspecteur ou du délégué. Malheureusement cela devient une pratique bien connue de tous. 
Alors que le délégué ou l'inspecteur de l'Etat est rémunéré par le ministère de l'enseignement pour ces examens, les pauvres parents doivent encore lui payer son repas, son logement, ses déplacements...bref son séjour. A celui qui a on ajoute et à celui qui n'a rien, on lui retranche même le peu qu'il a.
Du pain sur la planche.

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Mgr Philippe NKIERE KENA

Mgr Philippe NKIERE KENA
Evêque d'Inongo (2005- )

PETIT SEMINAIRE ST LOUIS DE GONZAGUE

PETIT SEMINAIRE ST LOUIS DE GONZAGUE
BOKORO

Mgr Jan Van Cauwelaert

Mgr Jan Van Cauwelaert
1er Evêque D'Inongo(1959-1967)

Mgr Léon LESAMBO

Mgr Léon LESAMBO
Evêque Emérite(1967-2005)