samedi 4 avril 2015

Lettre pastorale de Pâques de Mgr l’évêque


                                       MESSAGE DE PAQUES 2015
 AUX FRERES ET SŒURS DU DIOCESE D’INONGO


« N’aie pas peur. Je suis le Premier et le dernier ; Je suis le Vivant » (Ap.1, 17-18)
Devenons en Jésus-Christ de véritables «combattants de la vie » : sans peur ni mensonge.
Frères et sœurs bien aimés,
Alléluia. Le Christ est ressuscité. Il a vaincu  la mort. Paix à vous et bonne fête de la Résurrection du Seigneur ! Que Jésus-Christ, le Vivant, fasse de nous de véritables vivants: ceux et celles qui vivent réellement et intensément en Lui et communiquent cette vie aux autres et  au monde avec assurance et détermination dans la vérité.
Chers frères et  sœurs,
Tout au long de sa vie, selon les Evangiles, Jésus a mené un combat sans répit contre la mort ou toute forme de  mort qui menace ou détruit la vie de l’homme. De tout homme et de tout l’homme. Jésus est un passionné de la vie humaine. Il est surtout passionné de la vie de ceux qui sont malades, blessés dans leur dignité, opprimés de diverse manière, marginalisés. La personne à guérir ou à sauver, voilà son souci premier, avant celui de la loi à faire respecter(Mc 3, 1-6). Cette attitude lui a attiré beaucoup d’ennuis de la part des « gardiens de l’ordre(ou désordre) établi». Mais, sans peur ni tergiversation, Jésus a tenu tête à ses adversaires, les accusant même de dureté de cœur (Mt 12, 1-8). Il a poursuivi son chemin, ce style de vie lui inspiré par l’Esprit (Lc 4, 30). Un jour, Jésus en route vers Jérusalem avait envoyé une délégation devant lui dans un village des samaritains. Ceux-ci ont refusé de l’accueillir parce qu’il allait à Jérusalem. Alors deux de ses disciples, Jacques te Jean demandent à Jésus de leur ordonner de faire descendre le feu du ciel sur ces gens méchants. Jésus les réprimande sévèrement pour cette intolérance (Lc 9, 54-56).
A travers les Evangiles, on voit aussi Jésus continuellement en voyage. Jésus est en marche. Il est un infatigable itinérant qui invite ses disciples à aller ailleurs(Mc 1, 38) à la recherche de la brebis perdue (Lc 15, 1-7). Jésus ne veut perdre aucun de ceux que le Père lui a donné ( Jn 6, 39) : c’est la mission qu’il a reçue du Père. Il l’accomplira jusqu’au bout… Voilà pourquoi Jésus dénonce avec énergie l’attitude de soi-disant « bergers » qui sont en fait « des pasteurs de la mort ». Ils sont des « voleurs et des brigands» : « ils sont là pour voler, pour tuer et pour détruire » (Jn 10, 10). Il dénonce également des « bergers mercenaires », ceux qui, devant le danger abandonnent le troupeau et s’enfuient. Ils ne sont pas concernés par la vie du troupeau. C’est plutôt l’argent ou d’autres intérêts qui les motivent (Jn 10, 12-13). Jésus se définit lui-même comme le vrai berger, qui ne vit que pour le troupeau et livre sa vie afin que le troupeau vive (Jn 15, 13).
Le secret de cette passion de Jésus pour la vie des autres et spécialement des exclus, vient de sa relation unique avec le Père, source de la vie (Jn 17, 21). Personne ne peut livrer sa vie jusqu’au bout pour les autres s’il n’est pas habité par la vie même de Dieu. Communiquer à tous la vie du Père est pour Jésus une mission essentielle qu’il a reçue. Il veut l’accomplir, quel que soit le prix à payer. Le faire est pour lui aussi nécessaire que l’est la nourriture pour notre vie humaine (Jn 4, 34). Face à sa mort injuste et violente, Jésus déclare : « personne ne prend ma vie. Je la donne de moi-même » (Jn 10, 18). Il assume cette mort comme une offrande de sa vie. Il ira jusqu’au bout ; il veut s’identifier au dernier des hommes sur la croix, afin qu’aucun être humain ne soit privé de vie, aussi basse soit sa condition de déchéance .
Tant d’amour livré pour la vie des autres ne pouvait rester méconnu et enfoui sous terre. Le Père de vie dont il a été le témoin fidèle jusqu’à l’extrême, l’a ressuscité. Il l’a constitué Seigneur, devant qui « tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers et que toute langue proclame : « Jésus-Christ est Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père » (Phil.2, 10-11).
Chers frères et Sœurs,
Célébrer la Pâques du Seigneur, c’est pour nous, célébrer le grand passage qu’a vécu par amour le Fils de Dieu devenu notre frère. Il a voulu vivre notre condition humaine jusqu’au bout, jusque dans la mort, lieu de l’éloignement le plus ressenti avec Dieu et les autres, éloignement dû au péché. En brisant la mort par sa résurrection, il nous fait communier à sa propre vie, la vie divine. De qui ou de quoi pourrons-nous avoir peur ? (Ps. 26, 1). Il est « avec nous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20).
Célébrer la Pâques du Seigneur, c’est pour nous, consentir à la mission de devenir « porteurs de vie » comme l’a été Jésus tout au long de sa vie en Palestine. Porteurs de vie spécialement pour tous "les blessés de la vie sur nos routes humaines". « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Et il souffla sur eux en disant : « recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 21-22). Habités par son souffle de vie, nous recevons la mission de pénétrer le monde de la détresse et des ténèbres pour faire réveiller à la vraie vie ceux qui gisent dans la souffrance et dans le monde du mensonge. Nous en devenons capables grâce à la puissance de l’Esprit en nous (Rm 5, 5).
Chers frères et Sœurs,
Tous nous aimons la vie. Nous voulons vivre… et vivre intensément. Mais en regardant autour de nous, dans notre diocèse, dans notre pays, combien de nos frères et sœurs humains sont devenus comme un peuple d’orphelins ! Livrés et abandonnés à leur triste sort. Sans aucun regard de miséricorde. Plusieurs autres sont opprimés par des gens injustes et sans scrupule, des  « vendeurs de bonheur » qui ne cherchent que leurs propres intérêts ; des soi-disant prophètes qui cachent leur soif de meurtre sous les paroles des gens illuminés.
Au nom du Seigneur Jésus le Vivant, je vous demande, chers prêtres, chers frères et sœurs consacrés, chers parents chrétiens, chers jeunes gens et jeunes filles qui vous déclarez chrétiens, je vous demande de cesser de ne chercher que votre propre bonheur quand les autres sont devenus comme des « cadavres vivants », sortons, allons vers ceux qui sont rejetés dans les périphéries : c’est l’appel du Pape François aujourd’hui à toute l’Eglise. Il est aussi urgent de casser ce que le Pape François appelle « la globalisation de l’indifférence ».
Frères et Sœurs bien aimés,
Bonne fête de la Résurrection ! Soyons des hommes et des femmes ressuscités qui donnent vie à tous ceux qui sont fatigués et désabusés de la vie, au nom du Seigneur Jésus le Vivant, soyons des vivants pour la gloire de Dieu et le bien de tous, soyons une bénédiction pour les autres !
Fait à Inongo, le 04/04/2015
+Mgr Philippe NKIERE KENA,
 Evêque d’Inongo

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