mercredi 15 avril 2020

Un ami de longue date n'est plus

Mr Louis Monshe Odripio, ami et « fournisseur en provisions" des ecclésiastiques de Bokoro, est décédé ce Mercredi 15 Avril, emporté par une longue maladie.

Surnommé affectueusement  «Papa Maki », Mr Louis a consacré une immense partie de sa vie à sillonner les villages qui entourent Bokoro pour chercher à manger aux ecclésiastiques. Il allait à Nkolo, Nsilala, Kempa (12 km ), Monsijon... à pied. Il le faisait comme service et ce qu’il recevait en retour n’avait rien d’égal avec les sacrifices faits. 
La maladie qui le rongeait depuis de longs mois aura été plus forte. Il est décédé ce Mercredi matin. Tous ceux qui l’ont connu à Bokoro: prêtres, religieux ou religieuses et  anciens petits séminaristes se rappellent de lui comme un homme pacifique qui incarne une certaine sérénité et prêt à rendre service. Son souvenir restera  gravé dans les cœurs car il est l’image de ces personnes qui servent en silence et qui se contentent du service rendu.
 Que le Seigneur qu’il a servi en se mettant au service de ses ministres  l’accueille dans la paix éternelle .

samedi 11 avril 2020

Homélie de Mgr l’évêque pour Pâques




Vigile pascale et dimanche de Pâques
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Lectures :
1. Vigile : Gn 1, 1 –2, 2 ; …. ; Rm 6, 3b-11 ; Mt 28, 1-10
2. Dimanche : Ac 10, 34a.37-43 ; Col 3, 1-4 (ou 1 Co 6b-8) ; Jn 20, 1-9 (Lc 24, 13-35)

Chers Frères et sœurs,
La Paix et la Joie du Ressuscité soient avec vous !
1. Depuis plus de 4 mois, nous vivons au rythme de la pandémie du Covid-19. Quotidiennement, le monde est inondé par de nouvelles alarmantes. Il suffit de suivre la télévision ou d’être connecté aux réseaux sociaux. Chaque jour, on nous fait le décompte des contaminés et des morts, ailleurs et chez nous. Personne ne sait ce qui va arriver chez nous. La peur a envahi l’homme, mis à genou, terrorisé par un minuscule virus, invisible et qui n’épargne personne, riche ou pauvre, qui attaque les enfants, les jeunes, comme les vieux, de tous les continents et de toutes les races. Et pour se protéger, il faut se distancer des autres, avec des gestes barrières, pour « se sauver », il faut s’enfermer chez soi, il faut vivre confiné. Quel paradoxe, quel dilemme, quelle contradiction ? N’est-ce pas contraire à nos habitudes ? Aujourd’hui, c’est le « sauve qui peut » face à la terreur semée par le Covid-19. Nous sommes confinés, chacun dans son pays, chacun dans sa maison. On dirait que ceux qui soutiennent que « chacun pour soi et Dieu pour tous » ont finalement raison.
2. C’est dans ce contexte que nous avons vécu une bonne partie du carême, la semaine sainte et que nous vivons le triduum pascal. Loin les uns des autres, dans des églises, des cathédrales et des basiliques vides, dans la méditation, nous célébrons la Pâques, la résurrection de Jésus, qui a vaincu la mort et qui, par sa mort, nous donne la vie en abondance, la vie éternelle. En effet, Jésus qui est venu partager notre condition d’homme, vient encore mourir pour nous et nous sauver dans ce contexte. Pour nous chrétiens, sa passion, sa mort et sa résurrection prennent aussi sens en ce moment précis. Car, si nous souffrons avec Lui, Il souffre aussi avec nous, et avec Lui nous vivrons ; si nous mourrons avec Lui, avec Lui nous régnerons parce qu’Il est notre salut éternel (cf. 2 Tim 2, 11).
3. Les lectures de la vigile pascale et du dimanche de Pâques sont pleines de renseignements pour nous. Elles nous apprennent que par la mort et la résurrection de son Fils, Dieu vient créer toute chose nouvelle et nous appelle à vivre autrement. Saint Paul nous exhorte en ces termes : « si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre » (Col 3, 1-2). Il s’agit pour nous de vivre sur cette terre en ne cherchant et en ne désirant que les choses éternelles, qui mènent au ciel, de relativiser nos richesses, les biens matériels qui empêchent de considérer Dieu comme l’Essentiel, l’Unique trésor qui ne passe pas.
4. La résurrection de Jésus est le triomphe de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de la vérité sur le mensonge, de l’espérance sur la désespérance, de la lumière sur les ténèbres. Même au coeur, même au moment le plus sombre de nos souffrances, de nos misères, de notre désespoir, dans la douleur de la mort qui nous afflige, l’espérance en la résurrection en Jésus Christ nous apporte la consolation. Nous le voyons et le croyons, car Jésus est sorti vainqueur du tombeau. La mort n’a pas retenu la vie dans le tombeau ; elle n’a pas pu confiner la lumière dans les ténèbres de la nuit du péché. La mort n’a pas pu confiner la Vie, l’Amour. La résurrection nous montre que les chefs religieux et les pharisiens, malgré l’injustice et leur méchanceté, n’ont pas pu imposer un confinement à l’amour.
5. Les disciples d’Emmaüs, ainsi que leurs compagnons qui étaient confinés par peur des juifs, en ont fait l’expérience. Ils avaient peur d’être arrêtés et éventuellement être tués comme Jésus. Avec Jésus ressuscité, ils ont vaincu la peur et sont sortis de leur confinement pour aller rencontrer des frères et des sœurs afin de leur annoncer la Bonne Nouvelle. En d’autres termes, par sa résurrection, Jésus nous appelle à sortir de notre confinement et à entrer dans l’espérance.
6. Malgré le confinement dû au Covid-19, je sais et j’espère que l’homme intérieur, l’homme nouveau en nous n’est pas confiné. Car, la peur ne le paralyse pas afin qu’il continue de manifester plus d’amour envers le prochain, plus d’attention et de compassion que nous enseigne la passion de Jésus ; attention et compassion que certains appellent « solidarité ». C’est cela que nous sommes invités à vivre avec Jésus ressuscité. Ce confinement, qui est comme notre mort extérieure, notre mise au tombeau, nous fera sortir de notre enfermement pour vivre autrement avec nos frères et nos sœurs, en privilégiant les choses qui ont une saveur d’éternité et qui répandent le parfum de l’amour autour de nous.
7. Aujourd’hui, au silence de Dieu au cri de Jésus « Eli, Eli lama sabachtani ? » (Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi tu m’as abandonné ? (Mt 27, 46)), Dieu répond par la résurrection, signe de l’amour qui semblait absent, « confiné » pendant toute la passion de Jésus. Dieu n’est pas indifférent au cri de notre monde confiné. Au contraire, Il vient faire resplendir notre humanité et éclore en nous toutes les richesses de sa divinité et de sa gloire. De la même manière que Jésus disait à ses disciples à propos de Lazare « cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifiée» (Jn 11, 4), Dieu, en ressuscitant Jésus nous enseigne que « cette passion, cette épreuve ne conduira pas à la mort, mais plutôt à la vie éternelle pour que le monde croie et que mon nom, par mon Fils, soit glorifié ».
8. Nous souvenant de notre baptême par lequel nous avons été ensevelis avec Jésus pour ressusciter avec Lui, demandons la grâce d’extirper de nos vies, de nos cœurs, de notre société les maux qui nous conduisent à confiner les autres dans l’obscurité du tombeau pour les ouvrir à la lumière des dons de la résurrection : l’espérance, la paix et la joie. Avec le Christ Jésus ressuscité, prions pour nous- mêmes et pour notre monde à l’épreuve du confinement imposé par le Coronavirus.
9. Que la Vierge Marie, qui a veillé dans la foi et a continué à croire en l’accomplissement des promesses de Dieu, nous accompagne pour découvrir la force de l’Amour qui a fait jaillir la Vie du tombeau pour les siècles des siècles. Chers frères et sœurs, dans la particularité de la célébration de la Pâques 2020, que vos cœurs ne se troublent point. Mais que la paix et la joie du Ressuscité soient toujours avec vous, avec ma bénédiction apostolique au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen.
A toutes vos familles, à tous et à chacun, je souhaite une bonne fête de Pâques !

Inongo, le 11 Avril 2020

+ Mgr Donatien BAFUIDINSONI, SJ.
Evêque d’Inongo

dimanche 5 avril 2020

Homélie de Mgr l’évêque


Dimanche des rameaux ET DE LA PASSION
Lectures :
 Mt 21, 1-11 ; Is 50, 4-7 ; Ph 2, 6-11 ; Mt 26, 14 – 27, 66 l’évêque
  1. Nous célébrons aujourd’hui le dimanche des rameaux.  Avec les quatre lectures entendues, nous entrons dans la semaine sainte.  Après 40 jours dédiés à la prière, au jeûne et au partage ou à la charité, nous commençons le temps fort du combat de Jésus qui le mènera jusqu’à la croix.  Nous sommes invités à suivre Jésus sur son chemin de croix.  En même temps, nous voulons refaire pour nous-mêmes le chemin de croix de Jésus, pour sentir en nous ce que Jésus a vécu et lui demander de nous accompagner dans notre chemin de croix.

2.     Monté sur un âne, Jésus entre dans Jérusalem dans la gloire.  Accueilli par une foule en liesse, chantant et brandissant des rameaux, certains vont jusqu’à étendre leurs manteaux sur le chemin pour que l’âne passe dessus, Jésus sera reconnu comme prophète et fils de Dieu, comme celui qui est béni parce qu’il vient au nom du Seigneur.

3.      Et pourtant Jésus le sait.  Il sait que cet accueil glorieux sera occulté par la passion avant qu’il ne soit de nouveau pleinement exalté à la résurrection.  Il le sait et il l’a annoncé à diverses occasions à ses disciples.  Il le sait parce que cette exaltation en Dieu lui a été confirmée lors de la transfiguration.  Et au terme, il sera proclamé et reconnu Fils du Très-haut de générations en générations.

4.  Comme pour la foule et les disciples, le dimanche des rameaux signifie notre désir d’accompagner Jésus sur ce chemin vers la gloire, tout en partageant ses angoisses et ses souffrances, les humiliations et les opprobres qu’il va subir.  Par la même occasion, nous voulons puiser notre force de son expérience quand nous subissons nous-mêmes des épreuves, des humiliations et toutes sortes d’opprobres, lorsque nous vivons des angoisses et des souffrances face à des injustices, des maladies, comme en ce temps de la pandémie du nouveau coronavirus.


5.    A cause du coronavirus, nous ne pouvons pas marcher en procession, agiter nos rameaux et exprimer notre joie comme à l’accoutumée.  Cependant, nous savons que partout dans le monde, en ce dimanche des rameaux, nous communions à la joie du peuple de Dieu qui sait que Jésus marche avec lui dans ses moments de joie, ou  lorsqu’il est pris dans l’angoisse ou tenaillé par l’incertitude d’un lendemain meilleur.  Nous marchons avec Jésus, de la même manière que Lui aussi marche avec nous.  Il nous rejoint dans notre quotidien pour faire l’expérience de notre fragilité, pour nous apprendre à lutter devant les épreuves, à faire face à l’adversité, à l’injustice, pour porter nos croix et porter celles des autres, pour nous apprendre à nous relever après être tombés, à essuyer les larmes des autres, à consoler ceux qui souffrent et ceux qui peinent, comme les prisonniers ou les malades dans les hôpitaux.

6.     Jésus entre à Jérusalem comme lorsque qu’il entre dans nos vies et que nous l’accueillons avec enthousiasme, avec jubilation, c’est-à-dire avec une joie débordante.  Mais avec le temps, nous faisons avec Lui l’expérience des disciples, de la foule.  Nous l’abandonnons, nous Le trahissons, nous Le vendons, nous marchandons sa vie même au prix de 30 pièces d’argent à cause de notre cupidité, de notre avarice.  Tout cela, nous le faisons à Jésus à travers nos frères et sœurs.

7.     En communion avec tout le peuple de Dieu, la semaine sainte avec Jésus nous apprend à refaire l’expérience profonde de l’amour vrai, profond et sans faille de Dieu pour nous, pour chacun de nous, l’amour d’un Dieu qui aime, qui pardonne, nous élève et nous redonne notre dignité lorsque lui-même est prêt à se donner jusqu’au sacrifice suprême de la croix.  Il ne s’agit pas d’un amour ou de l’expression de l’amour de Dieu qui est éphémère, qui dure un moment et qui s’achève avec l’entrée de Jésus à Jérusalem.  Mais, il s’agit d’un amour qui devrait l’accompagner et doit nous accompagner jusqu’au moment le plus sombre, le plus éprouvant de sa vie, de notre vie.

8.    Aujourd’hui et toute cette semaine, Jésus marche avec nous et nous marchons avec Lui pour apprendre à nous dépouiller de nous-mêmes, de notre orgueil, pour apprendre à nous abaisser afin d’être élevés avec lui et entrer dans sa gloire.  Même si nous ne sommes pas réunis physiquement dans nos églises ou comme communautés paroissiales, c’est ensemble que Jésus nous invite à Le suivre et à marcher à sa suite, chacun portant sa croix, pour recouvrer notre dignité des fils et des filles de Dieu, dignité bafouée, trahie par nos lâchetés, par nos hypocrisies, nos infidélités, nos mensonges et nos reniements.

9.     Au cours de la semaine sainte à laquelle nous sommes introduits en ce dimanche des rameaux, prenons le temps de méditer, personnellement, en communauté ou en famille, les textes de la passion dans les différents évangiles (Mt 26, 1 – 27, 66 ; Mc 14, 1 – 15, 47 ; Lc 22, 1 – 23, 56 ; Jn 18, 1 – 19, 42).  Cet exercice nous aidera à être attentifs aux paroles, aux gestes, aux personnages qui constituent le cadre dans lequel se déroule de la passion de Jésus.  Si nous réussissons à le faire, nous apprendrons aussi à être attentifs les uns aux autres en vue de communier aux vraies joies et aux vraies passions ou souffrances de ceux qui nous entourent, pour marcher avec eux et communier à leur profond désir de vivre un amour sincère et capable de se livrer pour que les autres aient la vie en abondance, soit-elle au prix de notre propre vie en protégeant celle des autres.

10. Que la Vierge Marie, notre Mère, qui a marché et suivi Jésus au tout long de sa passion, intercède pour nous et nous accompagne en ce temps d’isolement, de confinement afin que notre amour du prochain ne soit pas confiné, mais s’ouvre à la dimension du monde qui cherche son salut en Dieu pour les siècles des siècles.  Amen.
 Fait à Inongo, le 05 avril 2020

+ Donatien BAFUIDINSONI, SJ
  Evêque d’Inongo

Mgr Donatien Bafuidinsoni, sj

Mgr Donatien Bafuidinsoni, sj
31.03. 2018-

Mgr Jan Van Cauwelaert, cicm

Mgr Jan Van Cauwelaert, cicm
(06.01.1954-12.06. 1967) + 18.08.16

Mgr Léon LESAMBO

Mgr Léon LESAMBO
(12.06. 1967-22.07. 2005) + 19.11.17

Mgr Philippe NKIERE KENA, cicm

Mgr Philippe NKIERE KENA, cicm
27.07.2005-31.03. 2018

PETIT SEMINAIRE ST LOUIS DE GONZAGUE

PETIT SEMINAIRE ST LOUIS DE GONZAGUE
BOKORO