samedi 15 avril 2017

Message de Pâques 2017

MESSAGE DE PAQUES 2017
AUX FRERES ET SŒURS DU DIOCESE D’INONGO ET
AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE :



Jésus le Crucifié est Vivant…
           Il marche avec nous sur nos chemins de vie
(Lc 24, 13-35).
Frères et sœurs bien aimés,
Joyeuse Pâques. Le Seigneur est ressuscité. Il est Vivant. Il a vaincu la mort. Il nous a ouvert un chemin de victoire au cœur même de nos impasses et contradictions, de nos peurs et angoisses. Il est notre espérance et notre salut.
Chers frères et  sœurs,
Impasses et contradictions, peurs et angoisses nous les expérimentons spécialement dans la situation que traverse aujourd’hui notre pays. La misère de plus démunis s’accroît. Les violences meurtrières se multiplient dans plusieurs endroits. Les divisons internes au sein de nos familles et villages nous interpellent. Au fond de nous-mêmes, cette interrogation : « où allons-nous ? Comment nous en sortir ? » Face à ces réalités et interrogations, plusieurs parmi nous perdent courage et deviennent pessimistes face à l’avenir. D’autres se laissent aller à la mollesse et au découragement. D’autres encore, se jettent dans toute sorte de « distractions », dans la boisson, la drogue…pour y noyer leurs soucis et frustrations. D’autres encore font tout pour quitter le pays devenu « terre brûlée ». D’autres enfin se réfugient dans les pratiques occultes et maléfiques pour y chercher argent et succès, au risque de leur propre vie et de celle des autres ! Irresponsabilité, peur, fuite, pratiques occultes et maléfiques ne sont d’aucune utilité. Au contraire, tout cela conduit à un sentiment de vivre impuissants dans un combat de nuit où gagnent les plus violents et les plus rusés.

Frères et sœurs bien aimés,
Nous vivons, en cette période de notre histoire, une expérience pareille à celle de « deux disciples d’Emmaüs » après la mort ignominieuse de Jésus. Selon le récit, deux disciples (dont l’un du nom de Cléopas) quittent Jérusalem pour un village du nom d’Emmaüs. Un étranger les rejoint sur la route. C’était Jésus, mais eux ne l’ont pas reconnu. L’étranger s’intéresse à eux. Il leur demande l’objet de leurs discussions et le pourquoi de leur tristesse. Ils lui racontent l’histoire de leur Maître. Jésus de Nazareth, condamné à mort et crucifié sur la demande des grands prêtres et des chefs d’Israël ! Ils lui disent leur grande déception : « et nous, nous espérions qu’il était celui qui allait délivrer Israël »(Lc 24, 21). L’étranger leur reproche leur manque de foi aux Ecritures, selon lesquelles le Messie devait souffrir et entrer ainsi dans sa gloire (Lc 24, 25-27). Finalement, le même étranger, invité à table, prend le pain, le bénit, le rompt et le leur donne. En ce moment, ils se rendent compte que l’étranger était Jésus Lui-même. Mais Celui-ci disparait à leurs yeux…Eux, malgré la nuit, retournentà Jérusalem pour rencontrer les autres disciples. Ils racontent ce qui leur est arrivé en chemin…et comment ils ont reconnu le Seigneur « à la fraction du pain »(Lc 24, 33-35).
Frères et Sœurs,
Nous sommes, nous aussi, comme les deux disciples d’Emmaûs. Nos yeux sont aussi « empêchés pour reconnaître Jésus qui fait route avec nous » en ce moment difficile de l’histoire de notre pays. Comme eux, nous croyons que Jésus, le Messie de Dieu, ne peut pas nous rejoindre dans notre déception et notre tristesse ! Il ne peut sûrement pas entrer dans nos contradictions et dans nos nuits ! Nous en avons fait un Messie puissant, triomphaliste ! Et nous oublions que tout au long de sa vie Jésus arejetté toute espèce de messianisme de conquête, de domination ou d’exclusion. Il s’est fait, par Amour, un Messie ouvert à tout humain, jusqu’à devenir un crucifié sur le bois de la croix ! Sur n’importe quel chemin de vie, dans la souffrance comme dans la joie, il nous rassure de sa présence continuelle : « Je suis (je serai) avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » ( Mt 28, 20).
C’est à la « fraction du pain » que les deux disciples d’Emmaûs reconnaissent le Seigneur. Tout au long de sa vie en effet Jésus n’a fait que livrer sa vie, être au service de ses frères et sœurs humains. Il le dit sans ambages : « Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 45).
Célébrer Pâques nous fait entrer dans le mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur de façon plus intense et dans un engagement réel de changement de vie. Cela signifie pour nous aujourd’hui, croire en la présence efficace du Seigneur, au cœur de toutes les réalités qui affectent notre vie. Toujours et partout. Il est notre salut et notre victoire : de qui ou de quoi aurons-nous peur ?(Ps 26,1).
Cela signifie également : livrer sa vie pour les autres, spécialement pour tous ceux qui sont «les blessés de la vie ». La puissance de l’amour dont l’univers est rempli suite à la mort et à la résurrection du Seigneur est la seule puissance qui sauve notre humanité. C’est elle qui nous fait passer de la mort à la vie, dans l’attente du retour du Seigneur, comme nous le proclamons dans chaque Eucharistie.
Jésus-Christ qui est le même, hier, aujourd’hui et pour l’éternité(Héb 13, 8) nous remplisse de son Souffle de vie. Que nous sortions, ainsi, de toute peur. Que nous devenions vainqueurs de la vie par la puissance de l’Amour qui se donne aux autres. Joyeuse et féconde Pâques !

Fait à Inongo, le 15 Avril 2017

+Philippe NKIERE KENA

 Evêque d’Inongo

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