samedi 3 octobre 2009

Réponse de la fille africaine à la voyageuse. Bon week end à tous!




Chère lectrice,

Je suis l'enfant du Ciel et misère de la terre. Je vous écris de mon village Ata ndele mokili ekobaluka. Avant toute chose, je remercie le bon Dieu qui a fait lever son soleil pour nous ses créatures et qui m'a donné la force de vous écrire. Aujourd'hui, c'est samedi. A l'école, on nous a dit que pour vous c'est le week end, on se détend. Pour nous, c'est le jour approprié où, après l'école, nous allons écoper du poisson dans les ruisseaux du village pour avoir de quoi manger le dimanche.

J'ai appris avec beaucoup de joies que vous vous êtes interesée à ma lettre. Je vous en remercie. Je ne l'ai pas encore reçue puisque dans mon village le service postal n'existe pas. Je l'aurai surement la semaine prochaine quand la jeep de la paroisse passera par ici pour aller laisser des hosties dans une autre paroisse où les enfants feront la première communion.

Je ne voudrais nullement vous scandaliser en vous envoyant ces photo de notre école. C'est la réalité. Avant toute chose, je voudrais vous informer que cette école, si on peut l'appeler ainsi, a été construite par nos parents qui souffraient de nous voir marcher à pied pendant des heures et des heures pour aller étudier dans un village qui est à 9 km. Après leurs réclamations, l'État a émis un décret d'érection d'une école dans mon village. Comme les années passaient et que rien ne se concrétisait, le chef du village a demandé à tous de contribuer pour la construction de l'école du village. Nous les enfants étions chargés d'aller chercher le sable que nous transportions sur la tête dans les bassins, j'avais alors 5 ans. Nos ainés fabriquaient des briques et les adultes ont cherché du bois et se sont occupés de la construction.
Les murs sont de brique adobe, la toiture est faite avec la paille que nous renouvelons à la fin de chaque mois. En classe, nous nous asseyons sur des troncs d'arbre. S'il y a menace de pluie, on ne va pas à l'école par peur que la toiture s'écroule.

Ce qui me surprend dans tout cela est le fait suivant: on nous a dit qu'il existe des conventions universelles sur le droit à l'éducation et à la formation pour chaque enfant. Plus, on dit qu'il y a un grand organisme mondial dédié à nous les enfants. Je ne sais pas si cet organisme s'occupe de tous les enfants du monde. Je voudrais vous demander un service: comme le siège de cet organisme se trouve non loin de chez vous selon ce que l'on m'a appris, je vous prie d'aller voir le responsable et lui parler de notre cas.

Il y a encore un autre problème que me fait souffrir. Un bateau est venu de Kinshasa dernièrement et a apporté des journaux. Par curiosité, en le lisant, j'ai vu que certains médias du monde ont fait beaucoup de bruits sur l'attitude d'un homme qui avait tué un moustique qui le dérangeait pendant une émission qui passait en direct à la télévision publique; on l'a traité de tous les maux et certains ont pleuré pour sa cruauté. C'est méchant, disent-ils, de tuer un moustique! Savent-ils qu'il y a beaucoup d'enfants au monde qui souffrent et qui valent plus qu'un moustique!

Je vous salue et salue toutes vos connaissances.

Sé/ Enfant du ciel et misère de la terre
du village ata ndele mokili ekobaluka

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